Entre Les Murs

Entre Les Murs
Entre Les Murs Palme D'or 2008 !
Réalisateur Laurent Cantet

Laurent Cantet

24 éléves Du Collège Françoise Dolto On Tournée Dans Le Films De Laurent Cantet " Entre Les Murs " Palme D'or 2008 !

C'est 24 éléves Sont :

Damien Gomes
Burak Özyilmaz
Boubacar Touré
Rabah Naït Oufella
Chérif Bounaïdja
Wei Huang
Franck Keïta ( Souleymane )
Agame Malembo-Emene
Nassim Amrabt
Carl Nanor
Arthur Fogel
Quifei Huang
Dalla Doucouré
Rachel Régulier
Esmeralda Ouertani
Lucie Landrevie
Samantha Soupirot
Henriette Kasaruhanda
Eva Paradiso
Justine Wu
Juliette Demaille
Angélica Sancio
Louise Grinberg
Laura Baquela


Les Proffeseurs :

Vincent Caire
Olivier Dupeyron
Patrick Dureuil
Frédéric Faujas
Dorothée Guilbot
Cécile Lagarde
Anne Langlois
Yvette Mournetas
Vincent Robert
Anne Wallimann-Charpentier
Gilles Gourmelen

L'ADMINISTRATION ET LE PERSONNEL DU COLLÈGE :
Julie Athenol (La CPE)
Jean-Michel Simonet (Le principal)
Olivier Pasquier (L'intendant)
Stéphane Longour (Surveillant)
Abdoul Drahamane Sissoko (Surveillant)
Aline Zimierski (La cantinière)
Silma Aktar (Femme de ménage)
Marie-Antoinette Sorrente (Femme de ménage)


LES PARENTS :
Fatoumata Kanté (La mère de Souleymane/Franck)
Cheick Baba Doumbia (Le frère de Souleymane)
Khalid Amrabt (Le père de Nassim)
Adeline Fogel (La mère d'Arthur)
Lingfen Huang (La mère de Wei)
Wenlong Huang (Le père de Wei)
Sezer Özyilmaz (La mère de Burak)
Marie-Laure Bulliard (Délégués des parents)
Robert Demaille (Délégués des parents)
Céline Spang (Délégués des parents)


L'HISTOIRE :
François est un jeune professeur de français dans un collège difficile. Il n'hésite pas à affronter Les élèves dans de stimulantes joutes verbales, comme si la langue elle-même était un véritable enjeu. Mais l'apprentissage de la démocratie peut parfois comporter de vrais risques.




Vous Avez Une Question a Posez A Laurent Cantet Ou Au Elèves ? Lacher Vos Commentaire Je Vous Répondrez !





[ PS : LE FILM ENTRE LES MURS SORT LE 24 SEPTEMBRE ALLER TOUS LE VOIR IL EST GENIAL !! :P ]





www.entrelesmurs-lefilm.fr



MERCI A KAMEL DE NOUS AVOIR SUIVIE PARTOUT.




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# Posté le jeudi 12 juin 2008 08:48

Modifié le mercredi 04 février 2009 14:51

Entre Les Murs

Voici La Bande D'anonce De Entre Les Murs ...

Regarder La Et Dîte Nous Ce Que Vous En Pensez?







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# Posté le jeudi 12 juin 2008 10:44

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:52

Biographie Laurent Cantet

Biographie Laurent Cantet
Biographie Laurent Cantet :

Fils d'enseignants, Laurent Cantet obtient une maîtrise d'audiovisuel à Marseille, puis intègre en 1984 l'IDHEC, où il se lie d'amitié avec de futurs cinéastes nommés Dominik Moll, Vincent Dietschy ou encore Gilles Marchand, qui l'engagera comme chef-op' sur son premier court métrage, L'Etendu (1987). Diplômé de la prestigieuse école en 1986 -avec un film de fin d'études intitulé Chercheurs d'or-, Laurent Cantet signe pour la télévision un documentaire sur la guerre du Liban (Un été à Beyrouth, 1990), avant de travailler comme assistant réalisateur sur Veillées d'armes de Marcel Ophuls. Il se fait bientôt remarquer grâce à une paire de courts métrages dans lesquels apparaissent déjà deux de ses thèmes fétiches, la lutte des classes dans Tous à la manif (Prix Jean-Vigo 1995) et les liens familiaux dans Jeux de plage, qui marque les débuts à l'écran de Jalil Lespert.Après avoir réalisé en 1999 pour Arte Les Sanguinaires dans le cadre de la collection "2000 vu par...", Laurent Cantet tourne, toujours avec le soutien de la chaîne franco-allemande, son premier long métrage de cinéma : Ressources humaines. Examinant, avec une égale subtilité, les rapports sociaux dans une usine et une relation père/fils, le film joint la force du documentaire à celle du mélodrame, un exploit salué par deux César : Meilleure première oeuvre et Meilleur jeune espoir pour Jalil Lespert, seul acteur au milieu d'un casting de non-professionnels. La question du travail est encore au coeur du deuxième long métrage de Cantet, primé à Venise en 2001, L'Emploi du temps, oeuvre glaçante et teintée d'onirisme, inspirée par l'histoire du mythomane Jean-Claude Romand. Avec Vers le sud, son troisième opus, lui aussi présenté à la Mostra, le cinéaste se confronte à une terre lointaine (Haïti) et à une actrice renommée (Charlotte Rampling). Selon ses propres termes, le film "met en regard la misère sociale des uns et la misère sexuelle des autres", nouvelle manière pour lui d'articuler l'intime et le politique.Cantet se lance ensuite dans l'adaptation à l'écran du roman de François Bégaudeau Entre les murs, dans lequel l'auteur évoque son quotidien de prof de français dans un collège difficile. A partir de ce matériau documentaire, le cinéaste signe une fiction nuancée et stimulante sur le milieu scolaire, qui décroche la Palme d'or au Festival de Cannes -une première depuis Sous le soleil de Satan en 1987.


Avec vous une question a nous posé ( la classe ou laurent cantet ..) posé un commentaire avec la question et on vous répondra !! Merci ! :) ]










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# Posté le jeudi 12 juin 2008 14:10

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:52

College Françoise Dolto

College Françoise Dolto !
Les éleve du college Françoise Dolto Peuvent être fiere des 24 eleve qui on tournée le films !
la réputation du college françoise dolto était négative trés négative classé en Z.E.P ( zone educative prioritaire ) et maintenant a une trés bonne réputation grace a la palme d'or et aux 24 eleve !







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College Françoise Dolto

# Posté le mardi 24 juin 2008 18:10

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:53

Quelque Vidéo Pour Vous Faire Passez Le Temps !

Quelque Vidéo Pour Vous Faire Passez Le Temps !

Que pense Les Personnes Et Les élèves Ou Les Journaliste ?

voici quelque réponse en vidéo !



1ère Vidéo .

2ème Vidéo .

3ème Vidéo .

Que Pense Lepen ?Réaction De Jean-Marie Lepen ! 4ème Vidéo .

Laurent Cantet ! => Laurent Parle !







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# Posté le mardi 22 juillet 2008 08:59

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:53

Les Avant-premières !



Mardi 19 août Evreux Cinézénith

Mercredi 20 août Beauvais Cinespace

Jeudi 21 août Strasbourg Star Saint Exupéry et UGC Ciné Cité

Vendredi 22 août Nancy Cameo Saint Sébastien Metz Cameo Ariel

Lundi 25 août Festival Cinésun Lille Métropole Liévin Pathé Douai Majestic

Mardi 26 août Festival Cinésun Maubeuge Ociné Caudry Millénium Cambrai Palace

Jeudi 28 août Lyon Le Comoedia et

Vendredi 29 août Toulouse Gaumont Wilson Auch Ciné 32

Lundi 1er septembre Aix en Provence Cinéma Renoir Château-Arnoux Le Cinématographe

Mardi 2 septembre Montpellier Diagonal Capitole

Mercredi 3 septembre Nîmes Le Sémaphore

Lundi 8 septembre La Rochelle La Coursive

Mardi 9 septembre Nantes Katorza et UGC Saint Herblain

Jeudi 11 septembre Bordeaux UGC Ciné Cité

Vendredi 12 septembre Niort Le Moulin du Roc

Samedi 13 septembre Chef Boutonne Ciné Chef

Mercredi 17 septembre Bagnolet Le Cinhoche Saint Denis L'Ecran

Jeudi 18 septembre Pantin Ciné 104

Vendredi 19 septembre Marly Le Roi Le Fontenelle Nanterre Les Lumières

Samedi 20 septembre Vincennes Le Vincennes Montreuil Le Méliès

Mardi 23 septembre Paris UGC Ciné Cité Les Halles









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Les Avant-premières !

# Posté le jeudi 28 août 2008 01:35

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:53

1er extrait du making of

Laurent Cantet parle de la mission de l'école.







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# Posté le mardi 16 septembre 2008 08:23

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:53

Souvenirs du Festival de Cannes

Souvenirs du Festival de Cannes


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# Posté le mardi 16 septembre 2008 08:43

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:54

D'autres photos

D'autres photos


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# Posté le mardi 16 septembre 2008 09:34

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:54

Les Cahiers Du Ciméa

Les Cahiers Du Ciméa
François, professeur de français en classe de quatrième, est assis au comptoir d'un bistrot parisien. Il passe quelques instants de sursis dans une pose immobile, pensive et tendue, tel un sprinter avant le départ. Soudain il vide son café, comme on avale une bouffée d'air avant d'accomplir un effort qu'on sait long, et fonce vers le début de l'année scolaire.

Il y a dans cette entame l'étonnante composition de spontanéité et de maîtrise, de proximité et de retenue, de lyrisme et de froideur qui caractérise le cinéma de Laurent Cantet : un équilibre précaire, mais contrôlé, entre objectif et subjectif. La longue focale d'un côté et la caméra portée de l'autre peuvent gêner. L'image tremble jusqu'à la limite du tolérable. Que signifie la présence de ce défaut superflu, sinon que le cinéaste ne s'en permettra plus aucun ? Les quatre côtés du cadre serrent la figure de notre héros, excluant tout ce qui ne serait pas son visage. Manière d'affirmer, avec la rhétorique silencieuse d'un pur cinéaste, que le film n'acceptera pas la moindre intrusion, notamment idéologique, du monde extérieur. Et, par la même occasion, qu'il ne saurait être question de porter au jour quoi que ce soit de la psychologie du professeur. Nous l'observons, un point c'est tout.

Nous avons pris cette image initiale pour entrer dans le film. Nous aurions pu en choisir une autre. N'importe quelle autre. Entre les murs est une formidable oeuvre de mise à plat entre personnages, situations, opinions. A fortiori entre plans. On pourra peut-être dire d'une scène qu'elle est plus ou moins réussie qu'une autre. On pourra, par exemple, prendre la séquence du conseil de discipline qui décide finalement de l'expulsion de Souleymane et trouver qu'il s'agit là d'une des plus fortes scènes que le cinéma français a imaginées pour opposer un jeune Noir à des fonctionnaires blancs.

N'empêche. Du point de vue du film - de Cantet si l'on préfère - aucune image n'a la priorité sur une autre. Toutes participent du même degré de réalité. Le mouvement du film ne travaille d'ailleurs qu'à montrer à quel point elles se ressemblent. On commence par trouver des affinités entre les habitants du collège Françoise Dolto. Le regard d'un élève est aussi imposant que celui d'un professeur. La félicité d'une enseignante, bientôt mère, est aussi gamine dans sa gêne qu'une adolescente mal dans sa peau. Chose plus étonnante, on finit par ne plus voir la différence entre le collège et ses habitants. Une porte reprend la couleur d'un pull, un tableau rime avec les tons d'un T-shirt, une vitrine se remplit de photos prises avec un téléphone portable. Une autre preuve de cette surprenante unité formelle pourrait être la difficulté qu'il y a à parler du cinéma de Cantet. Difficulté de placer la critique dans la modulation de la distance à l'objet, c'est-à-dire ailleurs que complètement à l'intérieur ou entièrement à côté des images.

La neutralité de la mise en scène était là dès Les Sanguinaires. La mise à plat, sensible dans la lutte entre générations de Ressources humaines, s'accordait au désoeuvrement postcapitaliste de L'Emploi du temps. La légèreté idéologique s'épanouissait enfin dans le récit de Vers le sud - dans ces pages, François Bégaudeau reconnaissait alors en Cantet le plus politiquement habile des cinéastes du « subtil » français (Cahiers n°609) lien. Entre les murs ressaisit tous ces éléments en un seul projet doté d'une extrême cohérence. À quelques mois de distance de la sélection et de la consécration cannoises, les vacances et un retour en salle de projection ne modifient guère l'impression produite par la première vision (Cahiers n°635) lien. Ils la renforcent. Le film charme et convainc. Reste également la sensation d'un projet infernal, d'une machine imbattable, d'un laboratoire cinématographique pour le fonctionnement duquel le cinéaste a dû chausser les lunettes imposantes de l'homme de science.

Il fallait au moins cela pour se risquer à introduire la caméra entre les murs de l'école (d'une école ? d'un collège difficile ? d'un établissement en Zep du 20e arrondissement 1 ? rien ne va). L'école est le thème des thèmes. C'est à la fois le lieu public par excellence, le premier que l'on rencontre dans nos vies. Et celui où la pédagogie, la sociologie, le discours politique fabriquent le plus de cloisonnements. Souvent, les cinéastes y cherchent le double de la société, la preuve de son échec ou le rêve d'une alternative. La sensation est que, en adaptant le livre de Bégaudeau, Laurent Cantet a trouvé le remède à la lourdeur et à l'abstraction des films sur l'éducation. Quelque chose qui viendrait tout droit de la sociologie, mais qui semble se décliner ici sur le mode d'un savoir physique, un principe d'indétermination : on ne peut pas connaître à la fois une école et l'école. Lorsqu'on déterre l'une, les décombres tombent sur l'autre. Entre les murs réalise un programme qu'on sait être celui de François Bégaudeau, au moins autant que de Laurent Cantet. Programme guidé par une phrase de Nietzsche : « C'est tout bonnement un préjugé moral de croire que la vérité a plus de valeur que l'apparence. » Ce qui équivaut à dire : pourquoi la fiction devrait-elle avoir un auteur ? Un auteur, c'est-àdire quelqu'un dont la tâche serait, dans l'image, de repérer et de déconstruire la doxa. Et donc de représenter, tel Socrate dans les dialogues de Platon, l'opérateur dialectique du partage entre le vrai et le faux, le nocher du passage du particulier d'une école à l'universel de l'école.

Dans sa classe, François Marin est un Socrate diminué. « Un type qui discute de tout », pour reprendre les mots de la pugnace Sandra commentant La République. Il tente d'appliquer la maïeutique auprès de ses élèves, d'analyser et de repousser les positions de ses collègues. Le plus souvent, ses propos sont réfutés. Ce n'est jamais pour qu'un autre point de vue prenne le devant. Plutôt pour montrer une certaine fatigue de la discussion, la difficulté pour un fonctionnaire de jouer le jeu d'une circulation du pouvoir et le risque permanent qu'on utilise ses principes, ou plus simplement sa bonne volonté, contre lui.

C'est précisément aux moments où la stratégie du professeur de français semble sortir de son isolement l'élément le plus difficile de la classe, qu'un faux pas amène ce dernier droit devant le conseil de discipline, et par là à l'expulsion. Significativement, le premier cours du professeur travaille, comme on dit, l'autoportrait. Les élèves protestent vivement, après tout non sans raison : nous n'avons rien à dire, notre vie ne mérite pas qu'on s'y penche. Le film, lui, y voit l'occasion de glisser entre les murs sa propre autocritique. Encore la même fonction que tout à l'heure : la difficulté de dresser un tableau de l'école d'une part, la petite réalité d'une classe et de son quotidien de l'autre.

Si le film parvient à tenir les deux bouts, c'est qu'il élève à la critique de soi la critique de son héros François à travers l'action constante des professeurs, élèves, parents. C'est pourquoi Entre les murs n'aurait pas pu faire l'économie de la prestation des personnages secondaires. Notamment les élèves : Rachel Régulier (Khoumba), Esmeralda Ouertani (Sandra), Frank Keïta (Souleymane), pour lesquels il serait inutile d'évoquer on ne sait quel miracle naturaliste. Il s'agit de vrais comédiens, et notamment de comédiens à la Cantet : capables, autant que n'importe quels acteurs expérimentés, d'entrer dans un rôle, de donner la caricature de leur propre personnage, avant de neutraliser celle-ci par le biais d'une scène qui replace la figure sous un autre jour. Grâce à eux le film gagne en termes de modulation d'allure, de vitesse, d'accents. Leur façon de circuler dans le récit, de disparaître avec un registre et de réapparaître plus loin avec un autre rappelle assurément les personnages mineurs des autres Cantet, en particulier la prodigieuse cégétiste de Ressources humaines.

Mais s'il s'agit bien de vrais personnages, ce n'est pas sûr que l'on puisse parler de vraies personnes. Plutôt les opérateurs d'une équation de forces mise en place pour contrebalancer le vitalisme de François sur son terrain : la parole, la discussion, la dispute. Entre les murs est-il l'exposition d'une pédagogie ? Le début du film le suggère. Dans son bref entretien avec le professeur d'histoiregéo, François retourne à l'envoyeur toute tentative de l'autre, au début plutôt bien disposé, de créer des ponts entre les matières. Et ce sans autre explication que générique : « on rame », « c'est compliqué ». François a sa méthode. Dans les scènes suivantes, le film en propose, faute d'une démonstration, un essai. Il part de ce qui existe, de ce qui intéresse, ou est censé intéresser, les élèves. Et de là cherche à revenir vers son programme de langue française. C'est loin d'être toujours un succès. Surtout du point de vue disciplinaire, le film ne cesse de donner tort à l'optimisme du professeur principal, et parallèlement de confirmer celui d'histoire- géo dans son sombre bon sens.

Il n'est donc pas sûr que l'exposition d'une pédagogie soit le centre du film de Laurent Cantet, comme elle était, en revanche, assurément au coeur du livre de Bégaudeau. Le film profite des disputes d'une tout autre manière. Il enregistre la naissance d'un espace ouvert par les oppositions dialectiques entre professeurs et élèves, et plus marginalement entre professeurs ; et décoré par la présence d'objets tantôt tangibles - carnet de liaison, sonnettes, vitres, et ballons dans la cours de récréation - tantôt abstraits - les règles, les habitudes, les dispositifs.

Apparences, apparitions. Ces éléments humains, matériels et immatériels pèsent sur le quotidien du professeur, exercent une pression sur lui, s'opposent à lui, quasi physiquement ; comme en photo, le cliché positif s'oppose au cliché négatif et, en même temps, est à l'identique. Au milieu de cette dialectique permanente, tantôt joyeuse, tantôt tragique, Cantet dessine le portrait croisé d'un professeur par son école, de l'école par un enseignant : l'esquisse concrète d'un univers scolaire qui va de l'économie de la machine à café à la question des stratégies à mettre en oeuvre pour contrecarrer l'échec scolaire.

À la fin de l'année, l'école de Cantet apparaît surtout comme un lieu politique. Un grand dédale où s'exerce sous les formes les plus diverses un pouvoir : le vote, l'assemblée, le comité. C'est moins une vérité dite sur l'institution que le contrechamp dirigé vers le public. Cela sera peut-être aussi la raison du succès du film : l'envie des spectateurs de participer aux jeux de pouvoir qui défilent à l'écran, aux utopies éphémères qui y jaillissent.

Dans son livre, François Bégaudeau racontait l'aventure de François tout au long de l'année scolaire, consignant comme dans un journal la fatigue, la lutte quotidienne, les astuces plus ou moins adroites employées dans le but d'apprendre quelque chose à ses élèves. Ou pour simplement arriver à la fin du cours. Le film de Cantet ne garde du livre que le geste de ce redoublement de la conscience de l'auteur. Le long atelier mis en place pendant un an en compagnie des élèves-comédiens a été l'endroit où ce geste a eu lieu à nouveau. L'enregistrement montre pourtant une différence avec la page écrite. Voire deux. En premier lieu, François n'est plus seul avec son autre François. Il est entouré des élèves et des autres professeurs qui, au même titre que lui, ont fait l'expérience de devenir ce qu'ils étaient déjà : élèves, profs, proviseur. C'est-à-dire de faire, de leur propre être, un personnage de fiction. En deuxième lieu - plus important - la caméra de Cantet trouve une position vraiment autre, vraiment neutre. Au milieu de la classe. Loin d'un champ contre-champ entre l'auteur du livre et son double. Loin aussi d'un champ contre-champ entre celui-ci et les élèves. Un axe tiers qui met tout le monde à la même distance.

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# Posté le vendredi 26 septembre 2008 06:27

Modifié le jeudi 06 novembre 2008 14:54